GESTIONNAIRES EN ACTION. Les marchés boursiers sont revenus à des sommets historiques la semaine dernière, malgré le fait que le conflit en Iran soit encore loin d’être réglé.
Si de nombreux investisseurs peuvent s’étonner d’une telle résilience des marchés boursiers, Sébastien Mc Mahon, stratège en chef et économiste sénior à iA Gestion mondiale d’actifs, n’est pas de ceux-là.
«On ne parle pas seulement des marchés boursiers américains. Tous les marchés à travers le monde ont rebondi de façon assez importante. Comment on explique ça? C'est qu'on a un vent de dos macroéconomique assez fort qui souffle depuis 2025, porté par les banques centrales qui ont baissé leur taux directeur de façon synchronisée et assez forte», explique-t-il, précisant que la Banque du Canada a été au-devant de cette parade.
«Quand on regarde les indicateurs économiques avancés, on voit encore des pistes d'accélération économique en 2026, malgré tout le bruit qu'on a qui vient du président Donald Trump, des politiques commerciales et du choc pétrolier qu'on a avec la situation en Iran», dit-il.
Sébastien Mc Mahon soutient que la résilience des marchés boursiers est aussi portée par la capacité des entreprises à faire croître leurs bénéfices.
Donc, c'est la résilience économique et la capacité des entreprises
Que dit l’histoire?
Si on remonte dans le temps, l’histoire montre, selon le stratège en chef, que la Bourse a été peu affectée par les grands conflits armés qui ont eu un aspect pétrolier.
«Quand on recule jusqu'à la guerre du Golfe au début des années 1990, ce qu'on constate est que le choc pétrolier est de très courte durée. Même si la guerre s'éternise et est assez sévère, le prix du pétrole fait un bond avant de rapidement revenir à la normale lorsque le conflit prend fin», raconte-t-il.
Il ajoute que le pire recul du S&P 500 lors de chacun des conflits depuis ce temps a été de 15%, mais qu’en moyenne, la baisse s’arrête entre 9% et 10%. «C'est ce qu'on a vécu depuis le début du conflit en Iran», dit-il.
Selon lui, l'histoire indique que généralement, ces conflits internationaux sont de courte durée et génèrent des occasions d'achat en Bourse.
«Les leçons à retenir de la résilience des marchés boursiers ces deux derniers mois, ce n’est rien de nouveau. Les investisseurs doivent conserver une stratégie à long terme et ne pas surréagir aux événements qui se produisent sur une base quotidienne», dit-il.
Le stratège en chef répète que les bénéfices des entreprises ont une plus grande influence sur les tendances boursières que les conflits armés, tout comme l’évolution des politiques monétaires des banques centrales et la capacité des gouvernements à rembourser leur dette.

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