GESTIONNAIRES EN ACTION. Les détenteurs de prêts hypothécaires à taux variable peuvent dormir tranquilles. La Banque du Canada ne devrait pas relever son taux directeur cette année, soutient Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital.
Les gouverneurs de la Banque du Canada ont en effet choisi de garder le taux directeur à 2,25%, une pause qui pourrait se prolonger encore plusieurs mois.
«Le message de la Banque du Canada, c’est que la croissance économique reste faible. Il y a aussi quand même des inquiétudes quant à l’évolution de la relation commerciale avec les États-Unis. Avec une économie qui est très fragile et qui est en récession technique, il n'y avait pas de raison pour la Banque du Canada de monter les taux parce que le prix du pétrole est à la hausse», explique-t-il.
Il précise que la Banque du Canada a besoin de plus de temps avant de prendre une décision, tout en suivant les discussions entourant la renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM).
Et les hypothèques à taux variable?
«On ne pense pas que la Banque du Canada va monter les taux d'intérêt ni les baisser, d’ici la fin de l’année, à moins qu'il y ait soit de la croissance fulgurante ou une grosse récession», raconte Nicolas Vaugeois.
D’après lui, la Banque du Canada va donc rester sur les lignes de côté, même si l'inflation incluant l'énergie est à la hausse.
«Même si on relevait le taux directeur à cause de la hausse du prix du pétrole, ça ne réglerait pas la situation dans le détroit d’Ormuz», dit-il.
L’inflation américaine inquiète
Aux États-Unis, on a vu cette semaine l'inflation grimper à 4,2% au mois de mai. Selon Nicolas Vaugeois, on ne risque toutefois pas de revivre la même situation qu’en 2022, alors que l’inflation avait culminé à plus de 9% à la mi-année.
«En 2022, on sortait de la COVID-19. La Russie a envahi l'Ukraine. Il y avait beaucoup d'épargne excédentaire. Les chaînes de production n'étaient pas nécessairement toutes rouvertes, mais il y avait beaucoup de demande. Tout ça a créé de l’inflation», explique-t-il.
Il ajoute que cette année, le revenu disponible des ménages est à la baisse par rapport à l'année passée et les défauts de paiement sur les prêts auto et les cartes de crédit aux États-Unis sont à un sommet depuis 2008. Cela devrait inciter la Réserve fédérale à faire preuve de prudence avant de relever son taux directeur.

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