GESTIONNAIRES EN ACTION. SpaceX (SPCX, 114,92$US) a dévoilé le 4 août ses premiers résultats trimestriels depuis son entrée en Bourse survenue au mois de juin. Dans l'ensemble, ils ont été supérieurs aux prévisions des analystes.
Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, explique toutefois pourquoi la société a préféré ne pas investir dans SpaceX depuis son entrée en Bourse.
Il explique que Claret se concentre d’abord sur des entreprises rentables et qui génèrent des flux de trésorerie libres (free cash flow). «SpaceX est une entreprise qui perd énormément d'argent, qui n'a jamais généré de profits. Pour cette raison, on n'a pas nécessairement d'intérêt», explique-t-il.
Selon lui les premiers appels publics à l’épargne peuvent être payants durant la première journée de négociation sur un titre, mais il s’agit souvent de mauvais investissements à long terme.
«Quand les banques d'investissement présentent les entreprises qui sont sur le point d’entrer en Bourse, elles en font la promotion. Il s’agit donc d’un exercice de mise en marché et de marketing», estime-t-il.
Selon lui, les promoteurs vont ainsi mettre l’accent sur les bons côtés des entreprises, en parlant peu des risques qui viennent avec l’achat de tels titres.
«Alors, malheureusement, les investisseurs se retrouvent souvent à acheter des produits qui sont un peu trop cher», dit-il, ajoutant qu’une entreprise qui entre en Bourse le fait souvent pour aller chercher de l’argent frais pour développer ses produits ou ses services.
Il cite les travaux du professeur Jay R. Ritter, de l'Université de la Floride, qui a analysé tous les p.a.p.e. américains depuis 1980. Si les premiers jours peuvent être payants, les travaux montrent que les titres vont souvent sous-performer l’indice S&P 500 dans les trois années suivant leur entrée en Bourse.
Vincent Fournier soutient que la réalité, c'est que les entreprises qui décident d’ouvrir leur capital sont passées à travers plusieurs cycles de financement. Des fonds privés qui ont pu investir tôt dans ces entreprises se servent ensuite des entrées en Bourse pour liquider leurs participations en tout ou en partie.
«Les actionnaires initiaux, habituellement, ont une très bonne compréhension du titre. Alors, s'ils liquident une portion importante de leur portefeuille, c’est probablement qu'ils perçoivent des risques que les petits investisseurs ne connaissent pas nécessairement», dit-il.
Cela pourrait aussi valoir pour OpenAI et Anthropic, qui doivent faire leur entrée en Bourse au cours des prochains mois.

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