GESTIONNAIRES EN ACTION. Après l’entrée en Bourse de SpaceX (SPCX, 185,00$US) le 12 juin à un prix de 135$US, le titre s’est envolé jusqu’à 225$US avant de se replier.
Sébastien Mc Mahon, économiste en chef à iA Groupe financier, soutient que la hausse du titre depuis son entrée en Bourse n’est pas un hasard.
«Historiquement, il faut se rappeler que lorsqu’une société entre en Bourse, les conditions font en sorte que, généralement, ça se passe bien. Les gens peuvent acheter, mais ceux qui détiennent déjà des actions ont de la difficulté à sortir ou il y a des règles qui les empêchent de vendre», raconte-t-il.
Il précise toutefois qu’à plus long terme, les sociétés qui entrent en Bourse ont tendance à sous-performer les indices. «SpaceX, c'est une grande entreprise, donc on verra si c'est différent pour elle, mais les plus grandes sociétés qui sont entrées en Bourse au cours des 40 dernières années ont sous-performé leur indice de 4% en moyenne après trois ans», affirme-t-il.
En incluant les entreprises de toutes tailles, il précise que la sous-performance atteint 21% après trois ans.
«La loi des grands nombres dit que probablement, à partir d'ici, peut-être bien que le mieux, ce serait d'attendre quelques mois pour voir ce que le marché pense de tout ça si vous ne détenez pas encore d’actions», explique-t-il.
Sébastien Mc Mahon ajoute que beaucoup de spéculation a entouré l’entrée en Bourse de SpaceX, puisque le futur de l’entreprise repose en partie sur des éléments qui sonnent un peu comme de la «science-fiction», citant notamment le projet de bâtir une colonie humaine sur Mars ou des bases lunaires.
«Starlink va déjà très bien, et la société possède aussi la plateforme d’intelligence artificielle xAI et le réseau social X. Il y a donc beaucoup de choses là-dedans», dit-il.
La grande question est, selon lui, de déterminer la juste valeur des actions de SpaceX. «Quand je regardais le consensus avant l'entrée en Bourse, on parlait d'environ 65$US par action. Là, on est environ à 185$US, donc c'est à peu près trois fois plus élevé», constate-t-il.
À quoi s’attendre d’Anthropic et OpenAI?
D’après Sébastien Mc Mahon, le succès du premier appel public à l’épargne de SpaceX pave la voie à une bonne performance des titres d’Anthropic et OpenAI, respectivement derrière les agents conversationnels Claude et ChatGPT, lorsqu’ils arriveront en Bourse plus tard cet automne.
«Les entrées en Bourse, c'est comme un référendum sur la liquidité ou l'appétit pour le risque des marchés. On verra d'ici l’automne si les conditions changent, mais ce que le marché est en train de nous dire en ce moment, c'est qu'il y a de l'appétit et du capital sur les lignes de côté qui est prêt à être investi dans d'autres joueurs importants du monde de l'intelligence artificielle», dit-il.
L’IA offre des rendements inégaux en Bourse en 2026
Sébastien Mc Mahon constate par ailleurs que tous les secteurs de l’intelligence artificielle n’ont pas offert les mêmes rendements en Bourse depuis le début de l’année.
«Ça fait un petit bout de temps qu'on n'a pas vu de nouveau sommet pour les titres des sept magnifiques, à l'exception d'Apple (AAPL, 295,90$US) qui a bien fait récemment. Il y a une façon de jouer l'intelligence artificielle dans le moment et c'est d'investir dans les marchés émergents, où environ 40% de l'indice est lié au thème. Depuis le début de l'année, en dollars canadiens, on parle d'une performance qui est environ 30%, donc c'est très enviable», raconte-t-il.
Il ajoute que les fournisseurs d’infrastructures destinées à l’intelligence artificielle sont en ce moment ceux qui sont les plus prometteurs. «Éventuellement, peut-être que le thème va continuer d'avoir des rotations et qu’on va revenir sur la mémoire ou les semi-conducteurs, mais pour le moment, l’attention est sur les fournisseurs de services infonuagiques», soutient Sébastien Mc Mahon.
Il est donc important pour les investisseurs d’avoir une bonne gestion active s’ils veulent miser sur le secteur.

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