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Le problème de 380 G$US de Berkshire Hathaway

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GESTIONNAIRES EN ACTION. Berkshire Hathaway a vendu ses actions d’une dizaine de sociétés durant le premier trimestre, le premier complet sous la direction de Greg Abel, mais la société fait face à un problème de taille, estime François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital.

D’abord, ce dernier soutient que la décision de l’entreprise de vendre complètement ses participations dans une dizaine d’entreprises, dont Visa (V, 331,12$US), Mastercard (MA, 499,62$US), Amazon.com (AMZN, 268,46$US) et l’assureur Aon (324,22$US) n’est pas si surprenante.

«Je pense que c'est très clair. En décembre dernier, Todd Combs a quitté Berkshire Hathaway (BRK.B, 479,98$US) pour aller travailler chez J.P. Morgan (JPM, 303,00$US). Il était, à part Warren Buffett, un des deux autres principaux gestionnaires (avec Ted Weschler) qui gérait un portefeuille d'une quinzaine de milliards de dollars. Ce sont clairement les titres Todd Combs qui ont été vendus», explique-t-il.

Berkshire Hathaway a aussi réduit considérablement ses participations dans quelques entreprises durant le premier trimestre, dont la pétrolière Chevron (CVX, 191,01$US), le producteur de boissons alcoolisées Constellation Brands (STZ, 150,83$US) et aussi l'aciériste Nucor (NUE, 226,44$US).

En tant qu’actionnaire de longue date de la société autrefois dirigée par Warren Buffett, il dit comprendre la décision de vendre des titres de ces trois sociétés, «dans lesquelles il n’investirait pas».

 

Investissements dans Macy’s, Delta Air Lines et Alphabet

À l’inverse, Berkshire a initié des participations dans le détaillant d’articles de mode Macy’s (M, 20,62$US) et dans le transporteur aérien Delta Air Lines (DAL, 75,65$US), des décisions qui peuvent paraître surprenantes, surtout pour Macy’s qui traverse une période de réorganisation majeure.

«Todd Combs a quitté la société, mais Ted Weschler est toujours présent. Ce dernier a une approche un peu différente. Il a tendance à porter son attention sur des titres plus sous-évalués ou en situation de revirement. Mon impression, c'est que ces deux sociétés sont des achats de Ted», raconte François Rochon.

L'entreprise qui a aussi bonifié sa participation dans Alphabet (GOOGL, 387,66$US). «Je sais que Warren Buffett a toujours été un grand admirateur d’Alphabet. Assez rapidement, il a réalisé qu’elle avait des avantages compétitifs très importants», explique le dirigeant de Giverny Capital, qui possède aussi des actions de la société derrière l’agent conversationnel Gemini et le moteur de recherche Google.

«Au début, quand ChatGPT est arrivé, il y avait des inquiétudes valides que ça pouvait constituer une menace pour le modèle d'affaires d’Alphabet. Toutefois, et je dirais même de façon extraordinaire, à mon avis, la société a réussi à combler son retard et Gemini est peut-être même en ce moment meilleur que ChatGPT», dit-il, ajoutant que l’entreprise peut aussi dorénavant compter sur une division d’unités de traitement de tenseur (mieux connue sous l’appellation anglophone Tensor processing unit, ou TPU), qui sont un peu différents des processeurs graphiques (GPU) fabriqués entre autres par Nvidia (NVDA, 219,51$US) et seraient même un peu plus efficaces.

 

Le problème des liquidités qui totalisent 380G$US

L’éléphant dans la pièce chez Berkshire Hathaway reste que la société possède des liquidités d'environ 380 milliards de dollars américains (G$US).

Selon François Rochon, il sera très difficile pour la société de générer de bons rendements boursiers avec une somme aussi importante qui rapporte à peine plus de 3% si elle est investie dans des bons du Trésor.

«Ça doit approcher 40 % de tous les actifs de Berkshire Hathaway. C'est donc beaucoup demandé à tous les autres actifs de l’entreprise pour pouvoir, disons, maintenir un rendement annuel sur l’ensemble du capital de 10% à 12 %. C'est un problème», juge-t-il.

Selon lui, la société pourrait profiter de périodes de reculs boursiers pour déployer son capital. D’autres options pourraient inclure le versement d’un dividende spécial ou des rachats d’actions. «Éventuellement, il va falloir que ce capital soit mis au travail», affirme-t-il.

Il reconnaît que Warren Buffett a toujours été allergique aux dividendes, mais que ce sera au nouveau PDG, Greg Abel, de trancher.

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