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Warren Buffett : un vent de fraîcheur pour Berkshire Hathaway

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GESTIONNAIRES EN ACTION. On a beau aimer Warren Buffett, reste qu'à 96 ans, son départ pourrait générer un vent de fraîcheur chez Berkshire Hathaway, estime Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret.

Le 18 septembre dernier, Berkshire Hathaway publiait un communiqué dans lequel elle confirmait que le légendaire investisseur, qui a célébré son 96e anniversaire le 30 août, quittait son poste de président du conseil d’administration «avec effet immédiat» pour devenir « président émérite ».

Il sera remplacé par son fils, Howard G. Buffett, conformément au plan de succession établi de longue date.

Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, rappelle que le retrait de Warren Buffett s’est fait très progressivement. «La transition a tellement été bien planifiée que l’équipe de direction devrait garder une stratégie similaire à ce qui prévalait lorsqu’il était PDG», estime-t-il.

«Il va peut-être y avoir de légères déviations artistiques avec la nouvelle équipe en place, mais la méthode, l'éthique et surtout la culture d'entreprise resteront inchangées», dit-il.

Selon lui, les investisseurs ne devraient pas vendre les actions de Berkshire Hathaway (BRK.B, 505,18$US) parce que le milliardaire se retrouve dans un rôle beaucoup moins important au sein de l’entreprise qu’il a contribué à bâtir.

«Berkshire Hathaway aujourd'hui, c'est l'équivalent d'un gros portefeuille diversifié. Ça ressemble un petit peu à un fonds commun combiné à une compagnie d'assurance. Ce qui fait la force de Berkshire, c'est le fait que c'est une compagnie d'assurance qui a possède des actions et des liquidités pour payer les assurés en cas de sinistres, alors que d’autres préfèrent détenir des titres obligataires», raconte-t-il.

 

Une équipe de direction sous le signe de la continuité

Il soutient que le plus grand changement chez Berkshire Hathaway est la taille de l’entreprise, dont la valorisation boursière est supérieure à 1000 milliards de dollars américains (G$US).

«Si on regarde juste en dessous de Warren puis Charlie Munger (ce dernier est décédé en novembre 2023), on a Greg Abel qui est là depuis 1999 et qui est PDG depuis janvier. Il y a aussi Ajit Jain qui dirige les activités d’assurance depuis très, très, très longtemps. Ça fait 40 ans qu'il est avec la société. Puis on a déjà désigné son successeur lorsqu’il va prendre sa retraite : Charlie Shamieh», explique le gestionnaire de portefeuille.

Il soutient que les dirigeants actuels sont tout autant outillés, intelligents et expérimentés. «Le deuxième point, c'est qu'on a beau aimer Warren Buffett, mais il a quand même 96 ans. L'arrivée d'une nouvelle garde, je pense que ça peut sincèrement apporter de bonnes choses, ou du moins, un vent nouveau pour l’entreprise à long terme», croit-il.

 

Un risque à surveiller

Vincent Fournier note un risque important que l’entreprise devra un jour affronter, soit celui du décès de son emblématique dirigeant. «On sait que, lorsque Warren Buffett va décéder, il va laisser une grosse partie de sa fortune à des œuvres de charité. Alors, est-ce que la vente des actions pourrait agir comme un vent contraire pour le titre de Berkshire? Ça reste à voir», dit-il.

Selon Bloomberg, la fortune de Warren Buffett est évaluée à 145 G$US et la quasi-totalité de celle-ci est liée à Berkshire Hathaway.

Chose certaine, l’entreprise possédait des liquidités de 365 G$US à la fin du mois de juin. Est-ce que la nouvelle direction pourrait retourner du capital aux actionnaires sous la forme d’un dividende spécial?

Le gestionnaire de portefeuille pense que non.

« Le fait que Berkshire Hathaway se garde autant de liquidités, c’est peut-être pour racheter les actions que Warren Buffett léguera à divers organismes de charité à son décès. Ces derniers vont alors vouloir vendre leurs actions pour financer leurs activités. Les liquidités pourraient servir, dans le fond, à ce que la société rachète les actions pour ensuite les annuler», raconte-t-il.

Ce serait une bonne manière, selon lui, de diminuer grandement le nombre d’actions en circulation, ce qui équivaudrait à retourner du capital aux actionnaires.

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