Hausse de taux: ce que ça change pour votre portefeuille

 

GESTIONNAIRES EN ACTION. Après avoir relevé son taux directeur d’un quart de point pour le porter à 2,5 %, la Banque du Canada pourrait procéder à trois autres hausses d'ici l'été prochain, raconte Sébastien Mc Mahon, économiste en chef à iA Groupe financier.

Selon lui, les effets de la plus récente hausse, survenue le 28 octobre, mettront des mois avant d’avoir des effets sur l’économie canadienne. Toutefois, les hausses toucheront plus rapidement les portefeuilles des ménages à travers le pays.

«Les taux d’intérêt sur les marges de crédit et sur les hypothèques à taux variables vont grimper. Ce que ça veut dire, c'est moins d'argent dans vos poches. La règle, pour les hypothèques, est que chaque quart de point de hausse du taux directeur fait grimper les paiements de 15 $ par mois par tranche de 100 000$», explique-t-il.

 

Les raisons de la hausse du taux directeur?

Selon lui, la raison est directement liée à l’augmentation du prix du pétrole, qui crée de l’inflation. «On pensait que ça serait temporaire. Finalement, elle semble être là pour plus longtemps. Quand on parle consulte des experts géopolitiques, ils s'attendent tous à ce que le conflit au Moyen-Orient dure et, peut-être même, se réintensifie», raconte-t-il.

Il précise que le message de la Banque du Canada a été clair et qu'elle veut éviter le risque de spirale inflationniste. «En ce moment, quand la Banque du Canada fait des sondages auprès des entreprises, elles disent être capables d’absorber les coûts (liés à la hausse des prix du carburant). Toutefois, au cours des 12 prochains mois, elles n’auront pas le choix de passer ces coûts aux consommateurs», dit-il.

 

Trois autres hausses en 2027

Sébastien Mc Mahon soutient que les banques centrales ont adopté une stratégie qui prévoit une modification du taux directeur une fois toutes les deux réunions, si nécessaire.

Il affirme donc que la prochaine hausse aura lieu à la fin du mois de janvier et serait suivi de deux autres augmentations en avril et en juillet.

«On anticipe donc une hausse à chaque deux décisions. Si on a trois autres hausses, ça nous amène dans le haut de la fourchette du taux neutre. La Banque Canada aura alors envoyé un message clair qu'elle s'occupe de l'inflation, sans pour autant amener son taux directeur en territoire restrictif», explique-t-il.

 

La Fed ne bouge pas, une décision politique?

De son côté, la Réserve fédérale américaine a choisi de rester sur les lignes de côté cette semaine et de conserver son taux directeur entre 3,75 % et 4 %.

Sébastien Mc Mahon n’y voit pas là une décision politique à quelques jours des élections de mi-mandat.

«C'est vraiment la meilleure décision prise pour des raisons économiques. Le mandat de la Fed est de contenir l'inflation, mais aussi de s'assurer que l’économie soit en situation de plein emploi. Généralement, quand on procède à des hausses prudentes, comme on le voit en ce moment, on fait une hausse à chaque deux rencontres. Après celle de septembre, on s’attend à une autre augmentation en décembre», dit-il.

 

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