GESTIONNAIRES EN ACTION. Le gouvernement fédéral a dévoilé le 17 février la première Stratégie industrielle de défense du Canada, qui contient une enveloppe totale de 500 milliards de dollars.
Plusieurs grandes entreprises canadiennes cotées en Bourse pourraient profiter de ces sommes colossales, estime Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD.
Selon elle, CAE (CAE, 40,67$), Bombardier (BBD.B, 275,84$) et MDA Space (39,00$) sont trois exemples de sociétés qui pourraient obtenir d'importants contrats à long terme.
«CAE, c'est un leader en formation et en simulation. Si on modernise les forces armées, il faut donc former des pilotes, des spécialistes, des techniciens. Donc, généralement, le gouvernement canadien, quand il modernise, il donne des contrats de formation sur une longue période. On parle de revenus récurrents», explique-t-elle.
Elle ajoute que la situation de Bombardier va aussi au-delà de la vente d'avions. «On parle également de la transformation des appareils pour des missions spéciales et de contrats de maintenance de 20 à 30 ans», dit-elle.
Pour MDA Space, qui se spécialise dans la conception de satellites, Julie Hurtubise soutient que c'est le même concept. «Un satellite, ce n'est pas juste un objet dans l'espace, c'est un programme complet. Une conception, un lancement, des stations au sol, de la maintenance, des remplacements de pièces», énumère-t-elle.
La stratégie permettra donc de bâtir des programmes à long terme qui soutiendront des entreprises canadiennes durant plusieurs décennies.
Les titres de petite capitalisation ne seront pas en reste
En plus des trois entreprises citées précédemment, Julie Hurtubise soutient que de nombreuses entreprises canadiennes de petite capitalisation pourront également obtenir leur part du gâteau.
Les grosses entreprises remportent les gros contrats, mais elles ont besoin de fournisseurs spécialisés. «C'est souvent là que les sociétés de petite capitalisation entrent en jeu. Par exemple, Firan Technology (FTG, 17,66$) fabrique des composantes électroniques critiques pour l'aérospatiale et la défense. Ce ne sont pas des contrats visibles dans les manchettes, mais ce sont des pions importants dans la chaîne d'approvisionnement», raconte-t-elle.
Elle cite également Kraken Robotics (PNG.V, 8,18$), qui développe des systèmes de sonars et de la robotique sous-marine. «Avec les défis liés à la surveillance maritime, notamment dans l'Arctique, ce sont des technologies qui sont essentielles», dit-elle.
Que restera-t-il pour les sociétés américaines et non cotées?
Julie Hurtubise est d’avis que la stratégie du premier ministre Mark Carney n'est pas anti-américaine, mais que son objectif est clair et vise une diminution de la dépendance trop élevée du Canada envers les États-Unis en matière de défense.
«Une société américaine qui a une vraie présence ici, une usine, un centre d'ingénierie, des employés au Québec ou au Canada, pourra également bénéficier de nouveaux contrats. Par contre, au risque de me répéter, Ottawa veut d’abord miser sur des sociétés canadiennes», croit-elle.
Plus globalement, la conseillère en placements soutient que la Stratégie industrielle de défense du Canada, si elle est bien exécutée, aura des effets positifs et positionnera le pays comme un fournisseur crédible auprès de ses alliés.

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