GESTIONNAIRES EN ACTION. Bombardier a dévoilé de bons résultats financiers au quatrième trimestre de son exercice 2025, mais d’autres éléments positifs ont aussi retenu l’attention de Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins.
«Globalement, on parle de résultats solides, surtout cohérents avec ce qu'on appelle la transformation de Bombardier des dernières années. Au quatrième trimestre, les revenus ont atteint 3,69 milliards de dollars (G$US), ce qui représente une croissance de 19 % sur un an. La progression vient surtout des livraisons plus élevées des jets d'affaires, mais aussi d'un mix de produits favorables. Mais ce qui frappe le plus que la croissance des revenus, en fait, c'est l'amélioration de la rentabilité. Écoutez, le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) a atteint 658 millions de dollars (M$US)», résume-t-il.
Selon lui, les résultats montrent que Bombardier ne fait pas que vendre des avions, elle génère aussi davantage de bénéfices par avion.
Il retient trois éléments importants des résultats trimestriels.
Luc Girard note également la progression du carnet de commandes, qui a atteint 17,5G$US au 31 décembre, lui qui était de 14,4G$US un an auparavant. «C'est quand même une progression de 22% et ce chiffre-là, il est important pour deux raisons. Premièrement, il confirme que la demande pour les jets d'affaires demeure solide, malgré les taux d'intérêt plus élevés et l'incertitude économique mondiale. Deuxièmement, il vous donne une visibilité sur les livraisons futures et ça stabilise les attentes au niveau du marché», dit-il.
Prévisions, tensions commerciales et division des services
Pour l’exercice 2026, Bombardier vise plus de 10G$US, plus de 157 livraisons d'avions, un BAIIA supérieur à 1,625G$US et des flux de trésorerie libres entre 600M$US et 1G$US.
«C'est sûr que les prévisions indiquent que la direction anticipe la poursuite de la croissance, mais avec une certaine prudence sur la génération des liquidités, ce qui reflète quand même un environnement économique encore incertain», soutient Luc Girard.
Du côté des tensions commerciales avec les États-Unis, le gestionnaire de portefeuille estime qu’il s’agit du principal point d’interrogation en ce qui concerne le futur proche de Bombardier.
«Toute discussion sur des tarifs ou des restrictions commerciales, ça va créer de la volatilité boursière. Mais il faut faire la distinction entre les déclarations et les politiques réelles. À ce stade-ci, on parle davantage d'un risque de perception que d'un effet opérationnel concret», juge-t-il.
Luc Girard voit aussi d’un bon œil la bonne performance de la division des services, qui inclut entre autres la maintenance des appareils et le remplacement des pièces. «Ça génère des revenus récurrents et ça donne quand même des marges plus élevées que lorsqu'on vend initialement l'appareil. Plus la flotte installée par Bombardier augmentera, plus cette activité deviendra importante, ce qui rend l'entreprise moins dépendante dans le cycle des nouvelles commandes», explique-t-il.
Il note aussi l’émergence des activités de Bombardier dans le secteur de la défense, qui réduisent la dépendance de l’entreprise aux cycles de l’aviation civile.

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