GESTIONNAIRES EN ACTION. Le président de la réserve fédérale de Chicago, Austan Goolsbee, a dévoilé cette semaine qu'il anticipait un scénario de stagflation aux États-Unis.
Selon un tel scénario, l’inflation repartirait à la hausse et serait couplée avec un ralentissement économique.
Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital, estime lui aussi que le scénario est probable, considérant que le conflit en Iran a fait bondir le prix du baril de pétrole.
«D'un côté, on voit l'inflation incluant l'énergie monter quand même de manière significative. Toutefois, de l’autre côté, avoir un baril à 95 $US le baril fait progresser considérablement le prix à la pompe. Aux États-Unis, au lieu de faire le plein à 3$US le gallon, ils sont rendus à 5$US le gallon. Ça a un effet direct sur les dépenses discrétionnaires des ménages», explique-t-il.
Selon lui, le scénario de stagflation peut encore être évité si les banquiers évaluent le risque d'inflation et celui d’un ralentissement économique dans leurs décisions. «Les banquiers centraux vont devoir regarder du côté de l’inflation en excluant l’énergie», dit-il.
Quand on exclut le prix du baril du pétrole, de l'inflation, ça va vraiment être de ce côté-là que les banquiers centraux vont devoir regarder.
Aplatissement de la courbe des taux
Nicolas Vaugeois constate un aplatissement de la courbe des taux obligataires depuis le début de l’invasion israélo-américaine en Iran. Ce phénomène se produit lorsque l’écart se rétrécit entre les taux d’intérêt des obligations à court terme et celles dont les échéances sont à plus long terme.
«Depuis la fin février, les taux d’intérêt des obligations à court terme ont grimpé davantage que pour celles à long terme. On l'a vu aux États-Unis, au Canada, en Angleterre et aussi et en Europe», affirme-t-il.
Les différences entre 2022 et 2026
Nicolas Vaugeois constate aussi de grandes différences entre la situation qui prévaut depuis le début de la guerre en Iran et celle qui sévit depuis 2022 depuis que la Russie a envahi l’Ukraine.
«Ce qui est différent, c'est qu'en 2022, le monde sortait de la pandémie de COVID-19. À ce moment, il y avait beaucoup d'épargne excédentaire qui avait été accumulée. Après trois années de confinement, les ménages se sont donc mis à dépenser», raconte-t-il.
Or, la situation est bien différente aujourd’hui, alors que les niveaux d’épargne sont revenus à des niveaux plus normaux et que le taux de chômage a recommencé à augmenter à travers le monde.
«Aujourd’hui, on s'attend à ce que le prix de l'énergie ait un effet plus négatif sur la croissance économique qu’en 2022 quand le monde a recommencé, à vouloir revivre», dit-il.
Pendant ce temps, au Canada
Selon Nicolas Vaugeois, les anticipations au Canada pointent vers une pause prolongée des baisses de taux de la part de la Banque du Canada, puisque cette dernière a été plus agressive à ce chapitre que la Réserve fédérale américaine.
«Ce qu'on observe, c'est que les investisseurs recherchent une certaine diversification. Les investisseurs canadiens l'ont déjà fait à travers leur allocation en actions. Maintenant, ils sont en train de le faire à travers leur allocation en revenus fixes», estime-t-il.

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