GESTIONNAIRES EN ACTION. Boralex (BLX, 36,62 $) est en voie d’être privatisée par Brookfield et La Caisse pour un montant d’environ 9 milliards de dollars. Au rythme où vont les choses, est-ce que les marchés boursiers canadiens sont voués à disparaître?
Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, soutient que les entreprises présentes dans l’industrie des énergies renouvelables sont très intéressantes pour des investisseurs institutionnels comme Brookfield et La Caisse.
«Ça s'inscrit dans une tendance lourde qu'on constate sur les marchés depuis quelques années. On l'a vu, entre autres, avec Innergex énergie renouvelable l’an dernier, aussi acquise par La Caisse pour 10 milliards de dollars», dit-il.
Selon lui, plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi les dirigeants d’une entreprise à capital ouvert souhaitent en fermer le capital : « La réglementation est moins contraignante quand on est une entreprise privée et on a moins de pression de la part des investisseurs pour réaliser de bonnes performances à court terme », note-t-il.
De rarissimes entrées en Bourse
Sans oublier qu’en plus des privatisations qui se succèdent, très peu d’entreprises décident, à l’inverse, d’opter pour un premier appel public à l’épargne pour financer leur croissance.
Au Québec, la dernière entreprise en lice est le Groupe Dynamite (GRGD, 73,72$), arrivée à la Bourse de Toronto à l’automne 2024.
«C'est une tendance qui ne date pas d'il y a deux ans. Avec la crise financière de 2008-2009. On a vu une augmentation de la réglementation, donc ça devient beaucoup plus dispendieux pour les plus petites sociétés d’opter pour une entrée en Bourse», dit-il.
Marc L’Écuyer précise aussi qu’avec les privatisations qui se succèdent, celles qui restent en Bourse ont une taille moyenne de plus en plus petite.
De plus, selon lui, il est aujourd’hui beaucoup plus facile pour une entreprise de financer sa croissance avec des capitaux privés, ce qui était moins le cas il y a plusieurs années.
Trop facile de privatiser?
Le gestionnaire de portefeuille soutient que les gros investisseurs institutionnels bénéficient de certains avantages lorsque vient le temps d’obtenir du financement, notamment grâce à des taux d’intérêt plus bas.
«Cela leur donne la capacité de payer plus cher pour procéder à des acquisitions», dit-il.
Il soutient que malgré toutes les privatisations, il faut rester optimiste, puisque certaines entreprises québécoises restent des consolidateurs dans leur industrie, citant notamment Alimentation Couche-Tard (ATD, 78,20$), Groupe CGI (GIB.A, 100,74$) et Quincaillerie Richelieu (RCH, 41,93$).
Il reconnaît toutefois que les investisseurs canadiens n’ont pas le choix d’opter pour les marchés boursiers internationaux pour obtenir des portefeuilles de qualité.

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