GESTIONNAIRES EN ACTION. Le secteur des semi-conducteurs a connu une performance phénoménale depuis deux ans et a un poids de près de 20% dans l’indice boursier phare de la Bourse de New York, le S&P 500.
François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille de Giverny Capital, souligne qu’il s’agit d’un sommet dans l’histoire de la Bourse américaine qui n’a même pas été atteint au sommet de la bulle des titres technologiques de 1999-2000.
«C'est rendu un très gros poids dans l'indice. Ça ne veut pas dire que ce sont de mauvaises entreprises. Toutefois, il ne faut jamais oublier une chose, c'est que l'industrie du semi-conducteur est hautement cyclique. Il y a des périodes de grande demande, mais il y a aussi des périodes qui sont beaucoup plus difficiles», affirme-t-il.
Il concède que le scénario qui explique la popularité des fabricants de semi-conducteurs repose sur la forte demande en infrastructures pour soutenir le développement de l’intelligence artificielle.
«Tout ce que je dis, c’est qu’il faut être prudent, car la rentabilité d’entreprises très populaires en ce moment pourrait être difficile à soutenir à long terme», explique-t-il.
Giverny possède d’ailleurs trois titres dans l’industrie des semi-conducteurs, dont Analog Devices (ADI, 370,24$US), mais l’exposition du portefeuille de l’entreprise au secteur est loin de celle du S&P 500.
Trop d’optimisme envers les banques canadiennes?
Dans sa plus récente lettre trimestrielle envoyée à ses partenaires, François Rochon estime également que le secteur bancaire canadien est surévalué en ce moment, alors que les titres se négocient à des ratios moyens de 17 fois le bénéfice par action prévu des 12 prochains mois.
«Le meilleur moment pour acheter des titres bancaires, c'était avant l'éclatement de la bulle techno, alors que plus personne ne voulait investir dans les banques et on pouvait les acheter à huit fois les profits», se rappelle-t-il.
Il précise que les titres bancaires se négocient habituellement à un ratio de neuf à quatorze fois les bénéfices prévus.
«Si on regarde aux États-Unis, les JP Morgan (JPM, 351,55$US), les Bank of America (BAC, 61,86$US), on est à 13 fois les profits. Donc, il y a vraiment une anomalie de marché en ce moment pour les banques canadiennes, puis je pense que ça appelle à la prudence», dit-il.
Le gestionnaire de portefeuille explique que la demande pour les titres bancaires canadiens vient en partie de la popularité des fonds indiciels, puisque le secteur constitue environ le tiers de l’indice S&P/TSX.
Sans oublier les FNB sectoriels qui permettent d’investir uniquement dans les titres financiers canadiens.
«On est à une époque où il y a des FNB pour à peu près n'importe quoi. C'est sûr que les secteurs qui ont mieux fait vont attirer encore plus d'argent. Les investisseurs ne devraient jamais oublier que la Bourse à long terme finit toujours par refléter la juste valeur intrinsèque des entreprises», dit-il.
Même si les banques canadiennes sont des entreprises très solides, les périodes qui suivent les bons rendements peuvent à son avis être suivies de périodes creuses le temps que les valorisations reviennent à la normale.

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