Fragilité et vulnérabilité ne sont pas les premiers mots qui viennent à l'esprit pour caractériser Martin Matte.
Quand il exprime ses insécurités ou ses doutes, « souvent, les gens partent à rire. »
Dans l’entretien, l’humoriste s'affranchit de la superbe qui a fait les beaux jours de son personnage de scène pour aborder avec aplomb ses sensibilités. « C’est un petit combat d’être heureux. Faut que je travaille mon bonheur. »
L’ombre d’un père, très exigeant, est peut-être pour quelque chose dans ce combat pour trouver l’équilibre ?
Le livre de chevet de ce paternel sorti de la misère à la force des poignets, Vivre c’est vendre, s’est-il transformé en programme subliminal pour le fils ambitieux ?
Alors qu’il entreprend l’écriture d’une série de fiction très autobiographique pour le géant Amazon, Martin Matte se permet une candeur introspective qui est sans doute proportionnelle au temps qui passe.
L’humoriste parle de la maturité qui le gagne, de thérapie et de son besoin d’être « progressiste ».
Il revient sur son automne chargé, qui l’a « usé ». « Y’a quelque chose de violent dans le live à la télé aujourd’hui. »
Bon élève ayant l’habitude de naviguer sur scène où tout est écrit d’avance, il avoue « ne pas être un animateur télé qui s'adapte à son public. »
La scène ne lui manque pas pour autant. Aucun spectacle ne se dessine à l’horizon.

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