Entre accélération technologique et nécessité de ralentir, l’entrepreneur et essayiste Rafik Smati pose un diagnostic sans détour sur le monde qui vient. Né en Algérie, entrepreneur français engagé dans le numérique et fondateur du mouvement Objectif France, il réfléchit depuis plusieurs années aux bouleversements politiques, économiques et anthropologiques provoqués par l’intelligence artificielle.
Rafik Smati lance un cri d’alarme. L’IA accélère un enjeu de souveraineté technologique qui révèle la très grande dépendance de l’Europe et du Canada. « Nous sommes devenus des colonies numériques des États-Unis », avance-t-il, inquiet du retard face aux investissements colossaux des géants technologiques. Comparant la révolution de l’IA à la découverte du feu, il évoque une mutation « vertigineuse » capable de transformer le travail, la santé et jusqu’à la nature humaine elle-même - une transition historique dont, selon lui, nous ne mesurons pas encore pleinement les conséquences.
Père de deux adolescents sans smartphone ni réseaux sociaux, Smati assume un choix à contre-courant qu’il présente non comme une interdiction, mais comme une responsabilité parentale. « Le courage, ce n’est pas l’interdiction. Le courage, c’est l’éducation. », affirme-t-il, plaidant pour préserver chez les enfants un luxe appelé à disparaître : le droit à l’ennui. Pour lui, la révolution numérique impose surtout de repenser notre rapport au temps, en apprenant à accélérer lorsque nécessaire tout en conservant des espaces de recul et de réflexion.

Puissances moyennes dans un monde brutal : « Si nous voulons ne pas avoir la guerre, il faut se faire respecter. Et pour se faire respecter, pour dissuader l’agresseur, il faut montrer qu’on est suffisamment fort. » Entretien avec Philippe Étienne, ancien ambassadeur de France à Washington
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« L’ IA peut être dangereuse pour notre cerveau, notre raison, notre esprit critique, le libre arbitre, et surtout par la paresse intellectuelle qu’elle génère, hélas. On est menacé d’une régression contre laquelle il n’y a pas grand chose à faire. » Entretien avec l’écrivain Didier van Cauwelaert
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« J’ai dit que Le Devoir s’intéressait plus à la théorie du genre qu’à l’avenir du Québec, et je maintiens cette affirmation. » Entretien avec le chroniqueur Christian Rioux
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