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« J’ai accouché de plusieurs ordinateurs top 10 au monde. » Nicolas Dubé, un québécois au cœur de la course à l’IA.

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Nicolas Dubé évolue depuis plus de vingt ans dans les coulisses de la révolution informatique. Ingénieur de formation, il a commencé à travailler sur l’intelligence artificielle au début des années 2000, avant de consacrer sa carrière à la conception de superordinateurs parmi les plus puissants de la planète. Aujourd’hui vice-président chez Intel, il raconte dans cet épisode un parcours qui l’a mené des laboratoires de l’Université Laval jusqu’au laboratoire mythique d’ Oak Ridge, aux États-Unis, où il a participé à la mise au point de Frontier, le premier superordinateur à franchir la barre de l’exascale. « Un milliard de milliards de calculs par seconde », explique-t-il pour donner la mesure de cette puissance.

Cette course à la puissance de calcul est aussi devenue une course géopolitique. Nicolas Dubé revient sur la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine, sur les puces devenues un enjeu de souveraineté et sur le rôle stratégique des centres de données. Il raconte notamment les dessous parfois rocambolesques de la mise en service de Frontier, jusqu’à la découverte d’algues dans son système de refroidissement — un problème qui a failli mettre en péril l’un des ordinateurs les plus coûteux jamais construits. Pour lui, l’enjeu dépasse largement la performance informatique : « To outcompete, you need to outcompute » — pour être plus compétitif, il faut être capable de faire davantage de calcul.

Mais au-delà de la compétition entre puissances, cette puissance de calcul pourrait transformer notre capacité à comprendre et à agir sur le monde. Modélisation climatique, prévision des phénomènes météorologiques, jumeaux numériques, fusion nucléaire : l’intelligence artificielle et le supercalcul pourraient accélérer des découvertes encore difficiles à imaginer. Nicolas Dubé se montre également résolument optimiste face aux craintes entourant l’IA. « À la base, les AI, c’est pas maléfique, mais pas bienveillant non plus », dit-il, rappelant que les objectifs donnés aux systèmes sont ultimement définis par des humains. Dans cet épisode, il nous plonge ainsi au cœur d’une révolution technologique où se croisent science, énergie, sécurité nationale et rapports de force géopolitiques.

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Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre mond… 
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