« Les Américains, en 1 mois de conflit, ont dépensé à peu près 50 milliards de dollars. Les chinois avec 50 milliards de dollars construisent 2500 km de train à voie rapide. » La suite de l’entretien avec Jacques Baud
Dans la foulée d’un premier entretien consacré à ses sanctions par l’Union européenne, Jacques Baud prolonge la réflexion et élargit le regard. Au cœur de cet épisode : une actualité brûlante, marquée par l’escalade entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et ses répercussions sur l’équilibre mondial. « On a l’impression qu’on est dans quelque chose qui est totalement émotionnel », observe-t-il, dénonçant des logiques de confrontation de moins en moins rationnelles. À ses yeux, les grandes puissances occidentales reproduisent les mêmes erreurs, en s’engageant dans des conflits sans en mesurer les conséquences à long terme.
L’ancien officier du renseignement pointe une constante : la sous-estimation des adversaires. De l’Afghanistan à l’Ukraine, en passant par Gaza, les conflits récents témoignent d’une lecture biaisée des rapports de force. « On lance des conflits sans réellement mesurer l’impact […] et avec une forme d’arrogance », tranche-t-il. Dans le cas iranien, il évoque une stratégie plus subtile qu’il n’y paraît, où la notion de « victoire décisive » ne signifie pas destruction totale, mais capacité à dissuader durablement l’ennemi. Une dynamique qui, selon lui, pourrait prolonger l’instabilité plutôt que la résoudre.
Enfin, Jacques Baud analyse les conséquences globales de cette guerre, notamment sur le conflit en Ukraine et les équilibres géopolitiques. Il note un déplacement des priorités américaines vers le Moyen-Orient, au détriment de Kiev, et entrevoit un possible recul de la présence militaire américaine dans la région. En filigrane, une autre puissance tire son épingle du jeu : la Chine. « Nous, on dépense notre argent dans des conflits […]. Les autres […] construisent, ils éduquent », souligne-t-il, esquissant le portrait d’un monde en recomposition, où la puissance ne se mesure plus seulement à la force militaire, mais aussi à la capacité d’investir dans l’avenir.
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